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PPP_Septembre_2018

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P R AT I Q U E S E X E M P L A I R E S 21 Septembre 2018 | Pour parler profession Cette rubrique met en vedette des enseignantes et enseignants qui ont reçu un prix en enseignement. Ces personnes répondent aux attentes de l'Ordre en incarnant des normes d'exercice professionnel élevées. Sylvain Plourde puise dans sa longue carrière pour donner quelques conseils visant à favoriser le succès scolaire et l'épanouissement personnel des élèves ayant des besoins particuliers. ➀ Éprouvez du plaisir. Gérer l'apprentissage de tous les élèves est une tâche de plus en plus complexe. Les intervenants scolaires doivent déve- lopper et conserver cette soif d'avoir des répercussions positives sur les élèves qui en ont souvent grand besoin. ➁ Optez pour des solutions utiles. Cerner les points à améliorer est tout un défi, mais trouver des solutions logiques l'est encore davantage! Il faut faire preuve d'ingéniosité pour trouver des solutions réelles aux réalités éducatives qui se présentent sur votre parcours. ➂ Ne perdez pas de vue l'objectif. Chaque élève est une histoire en soi. Son apprentissage doit tenir compte de son vécu, de son présent et de son avenir. Les enseignants qui participent active- ment aux projets éducatifs des élèves finissent souvent par susciter l'espoir. ➃ Collaborez! Collaborez! Travailler en étroite collaboration à l'intérieur des différentes communautés d'apprentissage doit être véritablement une priorité. Le travail d'équipe est le pilier du perfectionnement professionnel et de l'amélioration des résultats. ➄ Établissez des liens. Les lois, règlements, documents minis- tériels et directives administratives sont incontournables. Il faut non seulement les connaître et les appliquer, mais aussi poser un regard critique constant, et ce, dans un but commun d'amélioration. industrialisés, il a tiré des leçons qui lui ont permis d'encourager la réussite scolaire de cette clientèle aux besoins énormes. Cela s'inscrivait également dans le contexte de plus en plus complexe de l'enfance en difficulté. «À l'époque, quand j'étais en salle de classe, on parlait simplement de difficultés d'apprentissage. Aujourd'hui, on parle de toutes sortes de réalités qui sont différentes et qui, parfois, se juxtaposent : troubles d'apprentissage, enjeux de santé mentale, spectre de l'autisme… Notre défi est de répondre adéquatement à ces nouvelles réalités et de s'y adapter.» La société a évolué, notre compréhension des différentes difficultés que connaissent ces élèves également, rappelle M. Plourde. Les chiffres sont éloquents. En 2015- 2016, près de 350 000 élèves, ou 17,3 % de tous les élèves de la province recevaient de l'aide des programmes ou des services d'éducation spécialisée, selon les données transmises au Ministère par les conseils sco- laires. Parmi ces élèves, environ 40 % ont un ou plusieurs troubles d'apprentissage. Environ 84 % de tous les élèves (et 86 % au palier secondaire) recevant des services d'éducation spécialisée sont placés dans des classes ordinaires pendant plus de la moitié de la journée d'enseignement. Pour tenir compte de cette évolution, on a révisé les programmes et les services pour l'enfance en difficulté au cours des dernières années. Ils reposent aujourd'hui sur cinq grands principes : la prévention par l'intervention précoce, l'améliora- tion continue fondée sur la science et les données fiables, le renforcement du continuum foyer-école-communauté, la recherche de partenariats avec les organismes de la communauté, ainsi que la reddition de comptes annuelle et l'évaluation périodique formelle des programmes et des services. «Je dis toujours qu'on fournit un service aux écoles, qu'on est là pour accompagner les enseignants, pour offrir de la forma- tion et de l'appui, et pour contribuer à la prise de conscience en ce qui concerne cette réalité. C'est véritablement un travail d'équipe entre tous les intervenants. Les membres de mon équipe sont passionnés. Ils aspirent à apprendre et ils veulent eux aussi faire progresser le système et donc nos élèves», dit M. Plourde. Depuis quelques années, ce travail d'équipe se transpose à l'échelle de la province. En effet, les conseils scolaires de langue française et leurs spécialistes de l'enfance en difficulté collaborent à l'élabo- ration de stratégies communes et d'outils spécialisés pour ces élèves francophones. «C'est assez frappant de voir aujourd'hui comment tout le monde, en Ontario français, travaille ensemble au niveau de l'enfance en difficulté. On se rassemble, on s'écrit, on se questionne. C'est très valori- sant de voir les retombées de cette prise de conscience et de ces efforts.» Pour M. Plourde, le fait de quitter la salle de classe – et le contact quotidien avec les enfants – ne s'est toutefois pas fait sans difficulté, il le reconnaît. C'est pourquoi il conseille aux enseignants qui aspirent à gravir des échelons ou à occuper d'autres fonctions de se poser les bonnes questions avant de faire le saut, et ce, quel que soit leur enthousiasme quant à la ques- tion des élèves ayant des besoins spéciaux. «Il est évident qu'au début, c'est difficile, car le lien avec les élèves disparaît immé- diatement. Mais j'appuie directement les intervenants qui, eux, sont en salle de classe avec les élèves, et c'est un côté du travail qui est encourageant. Je sens que nous avons, ensemble, un impact plus grand, plus ciblé. Et ce qui est formidable, c'est qu'on voit les effets que notre travail peut avoir sur ces élèves.» L'heure de la retraite a sonné il y a quelques années déjà pour ce passionné de réussite scolaire. Mais Sylvain Plourde ne s'en formalise pas. Après 33 années d'ex- périence en éducation de langue française en Ontario, il conserve encore le feu sacré. «La retraite? Ce n'est pas du tout ma priorité en ce moment. J'ai des projets [liés à] l'enfance en difficulté. Par exemple, je travaille actuellement sur un guide destiné aux parents… Ma retraite, elle viendra en temps opportun!», conclut-il. ■ p r i n c i p e s e s s e n t i e l s

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