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PPP_Septembre_2018

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32 Pour parler profession | Septembre 2018 Un rôle particulier Comme tout le monde, les enseignants ont une vie privée, bien que leur profession soit publique. Cela veut dire qu'ils doivent être conscients de la possibilité que leurs comportements soient examinés. Ce volet de la profession ne fait pas seulement partie du mandat de l'Ordre, mais c'est une idée qui a des précédents judiciaires. Dans trois arrêts de 1996 et de 1997 (Ross c. Conseil scolaire du district n o 15 du Nouveau-Brunswick, R. c. Audet et Conseil de l'éducation de Toronto [Cité] c. FEEESO, district 15), la Cour suprême du Canada a reconnu que la conduite après le travail des enseignants, même lorsqu'elle n'est pas directement liée aux élèves, est pertinente à leur aptitude à enseigner. Si d'autres professions réglementées ont également certaines attentes en matière de professionnalisme, la pro- fession enseignante est perçue comme étant particulièrement importante dans la société. Pourquoi est-ce si différent pour les enseignants? La Cour suprême a souligné le rôle particulier de respon- sabilité et d'influence qu'ils jouent. Ce rôle est indissociable de grandes attentes. Et le fait de ne pas répondre à ces attentes peut causer des dommages considérables. «La conduite après le travail porte à conséquence lorsqu'elle ébranle la confiance du public envers un ensei- gnant ou pour la profession en général, soutient M me Carpenter. Si vous êtes en état d'ébriété la fin de semaine, qu'une bataille s'ensuit et que la police inter- vient, cela risque d'inquiéter un parent qui vous a confié son enfant. Quand une conduite entache la confiance de la collectivité envers les enseignants qui portent la responsabilité d'élèves, cette conduite peut devenir un cas de faute professionnelle.» Le Règlement de l'Ordre sur la faute professionnelle reflète les attentes élevées envers les enseignantes et les enseignants. Il contient des clauses mentionnant des comportements précis «La façon dont on perçoit les enseignants et la profession enseignante traverse les murs de l'école et dépasse les activités scolaires et les heures de travail.» qui constituent une faute, comme infli- ger de mauvais traitements à un élève (de plusieurs ordres), ne pas surveiller adéquatement, falsifier des dossiers et exercer la profession dans une situation de conflit d'intérêts. Cependant, comme le fait remarquer M me Carpenter, le Règlement contient aussi plusieurs clauses omnibus, qui réfèrent plus généralement au «défaut de respecter les normes de la pro- fession», à un acte «que les membres pourraient raisonnablement juger honteux, déshonorant ou contraire aux devoirs de la profession» et simplement à toute «conduite qui ne sied pas au statut de membre». Le Règlement est rédigé pour couvrir toute une gamme de situations potentielles, pendant et après le travail. Conscience permanente Qu'est-ce qui définit une telle incon- duite? Les bonnes et les mauvaises conduites ne se résument pas à une simple liste de choses à encourager ou à proscrire. La conduite profes- sionnelle constitue plutôt une respon- sabilité : en tant que membres d'une profession publique, les enseignants doivent prendre conscience de leur façon d'agir. Des questions de discipline touchent assurément les enseignants et les élèves à l'extérieur de la classe. Communiquer de façon inappropriée sur les médias sociaux, se conduire de façon déplacée lors d'une sortie et acheter à un élève des articles qu'il a volés en sont des exemples. Les cas véritables peuvent paraître plus problématiques. La faute pro- fessionnelle semble plus évidente, liée à des interactions avec les élèves. Pourtant, les comportements après le travail pour lesquels les membres ont été reconnus coupables de faute profes- sionnelle n'ont pas impliqué des élèves ou même l'école.

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