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PPP_Décembre_2019

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10 VOTRE CLASSE Pour parler profession Mars 2019 ILLUSTRATION : KIM SALT Dans la pratique Il faut l'admettre, il est souvent difficile pour les enseignants de retenir l'attention des élèves, et ce, quel que soit leur niveau d'expérience. J'ai moi-même essayé diverses stratégies au fil de ma carrière afin de surmonter ce défi. En fin de compte, j'ai trouvé une technique qui fonctionne très bien pour moi : la première étape est de connaître le tempérament de vos élèves. Une fois que vous avez appris à les connaître, je vous suggère de commencer le cours en faisant une activité de réchauffement physique. Ajoutez ensuite des exercices de respiration ou même quelques minutes de méditation consciente; c'est ainsi que j'ai réussi à calmer les groupes les plus turbulents! (Par exemple, vous pouvez alterner les mouvements dynamiques comme les sauts sur place ou les flexions de jambes avec des poses de yoga.) Chaque groupe et chaque enseignant est différent, mais si vous optez pour cette approche, il vous suffira de la personnaliser d'année en année pour qu'elle devienne un outil optimal dans votre milieu d'apprentissage. DAVID PARMER, EAO TORONTO DISTRICT SCHOOL BOARD VOUS AVEZ UNE BONNE IDÉE POUR LA CLASSE? Envoyez-la-nous à revue@oeeo.ca. Nous la publierons peut-être dans un prochain numéro! Jetez un coup d'œil à nos nouvelles archives «Dans la pratique» à oct-oeeo.ca/danslapratique. Repenser : le quatrième R DE STEFAN DUBOWSKI Les trois R de la gestion environnementale sont bien connus : réduire, réutiliser, recycler. Et si l'on ajoutait un quatrième R : repenser? Le site Ressources pour repenser (r4r.ca/fr), une initiative de l'organisme à but non lucratif L'éducation au service de la Terre, propose des plans de leçon, des cahiers et des vidéos qui encouragent à envisa- ger de façon holistique, la biodiversité, les changements climatiques et le développement durable. Il incite même à faire des rapprochements entre cette thématique et les maths, les études sociales et les arts. Des pédagogues ont évalué les ressources proposées, lesquelles reflètent le curriculum de l'Ontario. Faites une recherche par année d'études, par matière ou par thème sur la page d'accueil. Vous enseignez les affaires et le commerce à une classe de 10 e année? Le site suggère De quoi j'ai l'air, un jeu de rôles qui sensibilise les élèves aux enjeux de la consommation dans un marché mondial. Les sciences sociales à la 5 e année? On vous propose La fête est à l'eau, un conte illustrant les effets de l'activité humaine sur l'environnement. Les arts à la 8 e année? Songez à Antigel anti-poisson, une pièce de théâtre qui souligne le lien direct entre les collecteurs d'eaux pluviales et les écosystèmes fluviaux. Explorez la section «Sujets populaires». On y trouve un calendrier de sujets (p.ex., journée mondiale de l'alimenta- tion, semaine canadienne de réduction des déchets, conférence de l'ONU sur le climat), avec des liens vers des activités appropriées pour la classe. Dans le guide de ressources pour l'élémentaire du ministère de l'Éducation Éducation environnementale : Portée et enchaînement des attentes et contenus d'apprentissage, on explique que les élèves ont besoin d'acquérir des connaissances et des habiletés pour comprendre les enjeux complexes touchant l'environne- ment. Le site Ressources pour repenser les y aidera. COURRIER DES LECTEURS 10 10 Pour parler profession Décembre 2019 Qu'en pensez-vous? Pour parler profession vous invite à écrire des lettres en réponse aux articles que vous avez lus. Nous nous réservons le droit d'abréger vos textes. Pour être considérée aux fins de publication, une lettre doit comporter le numéro de téléphone de jour de son auteur. Envoyez votre texte à revue@oeeo.ca ou à Rédaction, Pour parler profession, 101, rue Bloor Ouest, Toronto (Ontario) M5S 0A1. Le yoga en classe : un perpétuel débat Je réagis à la lettre sur le yoga et les pratiques confessionnelles en classe ( juin 2019), ainsi qu'aux deux lettres subséquentes parues dans le numéro de septembre. J'aimerais offrir un point de vue différent en tant qu'enseignante catholique d'un conseil scolaire catholique. Je crois que mon travail ne consiste pas seulement à enseigner le programme, mais aussi à enseigner la foi catholique et à l'intégrer dans diverses matières. Puisque les racines du yoga puisent dans l'hindouisme, je ne me sentirais pas à l'aise de le pratiquer ou de l'enseigner à mes élèves. L'une des lettres du numéro précédent de cette revue suggérait qu'un tel point de vue pourrait être xénophobe, mais je le vois comme un moyen de protéger les droits et les croyances des enseignants et des élèves. Il doit y avoir un moyen de faire en sorte que les enseignants ou les élèves qui ne sont pas à l'aise avec certaines activités ne se sentent pas obligés d'y participer. De plus, je crois qu'il est juste que les écoles catholiques intègrent leur foi dans l'ensemble du curriculum scolaire (au sein des écoles catholiques) et je crois qu'au moins sous cet angle, le yoga, une pratique confession- nelle, n'est pas approprié. Anastasia Chvedova, EAO, enseignante suppléante de la maternelle à la 6 e année, Oawa Catholic District School Board 30 31 Pour parler profession Juin 2019 Juin 2019 Pour parler profession I l y a deux ans, Ian et Stephanie Clark ont remarqué que leur enfant cadet, AJ (prénom fi ctif), élève de 2 e •année alors âgé de sept•ans, avait des problèmes de comportement. «Une explication plausible•a fait l'affaire pour la plus grande partie de l'année•: AJ se con- duisait comme un enfant et testait ses limites, raconte M me •Clark. Puis, avant la fi n de l' année scolaire, il•a dit qu'il voulait porter des vêtements de fi lle, mais qu'il craignait que cette forme d'affi rmation de soi ne soit pas acceptée.» Cette conscience de soi a étonné ses parents qui parlent de leur enfant (biologique- ment de sexe masculin) en utilisant les pronoms pluriels «they, them et their», lesquels sont neutres en anglais. M me •Clark ajoute que, malheureusement, les préoccupations d'AJ et les siennes n'étaient pas inattendues. Malgré le fait qu'ils vivent dans une ville d'une grande diversité, «les personnes faisant partie de la communauté LGBTQ, les gais, lesbiennes, bisexuels, transsexuels, bispirituels et queers, font l'objet de préjugés et de discrimination.» Il existe des politiques et des mesures législatives pour protéger les élèves, notamment la Politique d'équité et d'éducation inclusive de l'Ontario, mais l'intolérance continue de s'immiscer dans les salles de classe d'un bout à l'autre de la province. En 2015, la Manitoba Teachers' Society a publié une étude intitulée Rapport fi nal du projet Chaque prof sur l'éducation inclusive des personnes LGBTQ dans les écoles de la maternelle à la douzième année au Canada. Le rapport révèle de terribles statistiques•: 49•%•des pédagogues disent entendre tous les jours ou toutes les semaines des remarques homo- phobes (p.•ex., «c'est tellement gai»); 55•%•connaissent des enfants LGBTQ victimes de harcèlement qui s'automu- tilent; et bien que 97•%•soutiennent que leur école est sécuritaire, les chiffres relatifs au taux de bien-être des élèves LGBTQ ont de quoi faire peur. Égale Canada (organisme torontois qui fait la promotion de l'inclusion et oriente la politique publique) a découvert que 44•%•des élèves transgenres sont susceptibles de manquer des cours parce qu'ils craignent pour leur•sécurité. Sur une note plus positive, les recherches montrent que la grande majorité des enseignantes et ensei- gnants sont au courant de l'éducation inclusive pour les LGBTQ et qu'ils l'appuient. Dans le cadre de notre dernier sondage, les lecteurs de Pour parler profession nous ont demandé de publier plus fréquemment des reportages sur le sujet. David Parmer, EAO, enseignant de sciences au secondaire, à Toronto, au Dr.•Norman Bethune Collegiate Institute, affi rme qu'il a consciemment fait l'effort de penser à ces élèves tout au long de ses 25•années de carrière. «Je sais que les statistiques indiquent un taux de suicide très élevé chez les jeunes des communautés LGBTQ. Pour moi, l'essentiel est de créer un espace sécuritaire et accueillant. J'essaie de faire en sorte que mes élèves se sentent représentés dans notre salle de•classe.» Si vous ne savez pas comment vous y prendre pour créer un milieu plus inclusif ou que vous n'avez pas de formation en la matière, vous n'êtes pas les seuls. Nombre d'enseignants souhaitent prendre plus d'assurance et accroître leurs connaissances afi n de mieux communiquer avec les élèves LGBTQ et de mieux leur enseigner. Nous avons parlé aux pédagogues qui réussissent à intégrer le prgramme- cadre et à prioriser la visibilité de tous les élèves dans leurs classes. 1. PRATIQUEZ L'AUTORÉFLEXION Cette première étape n'est pas la plus évidente, mais Joe Jamieson, EAO, registraire adjoint de l'Ordre, souligne que les pédagogues doivent faire preuve d'empathie, de confi ance, de respect et d'intégrité en milieu de travail. C'est pourquoi il est important de faire un examen de conscience. «Demandez-vous si vous avez des idées préconçues ou un comportement préjudiciable envers les personnes LGBTQ, propose M.•Jamieson. Si vous avez une perception négative, c'est une attitude contre laquelle il faut travailler. Sinon, vous aurez de la diffi culté à interagir avec tout le soin et le respect que ces élèves méritent.» 2. APPROFONDISSEZ VOS CONNAISSANCES «Se sentir intimidé par le manque de connaissances ou de formation est chose commune. Cependant, nous avons découvert que la meilleure façon de vaincre nos appréhensions est de multiplier les occasions d'apprendre et de renforcer sa confi ance, affi rme Tess•Della-Pieta, EAO, enseignante à l'école secondaire catholique Pierre- Savard, à Ottawa. Figurant parmi les nombreux défenseurs des élèves LGBTQ à son école, M me •Della-Pieta déclare que, grâce au soutien de l'administra- tion scolaire, les membres du personnel peuvent non seulement assister à des séminaires, mais aussi créer leurs propres forums pédagogiques. «Il y a quelques années, nous avons organisé la première "Rencontre interscolaire". C'est une conférence annuelle d'une journée qui permet de discuter, dans le cadre d'ateliers et de tables rondes, des enjeux actuels, des outils, des étapes à Conflit travaux-croyances J'aimerais réagir à l'article sur l'inclusion de la commu- nauté LGBTQ paru dans le numéro de juin. Nous savons que nos conseils scolaires accordent beaucoup d'importance à l'inclusion. Mais nous devons aller plus loin et nous rendre compte que cette démarche ne correspond pas toujours aux convictions religieuses des enseignants et des élèves. Comment laisser la liberté à ces enseignants et à ces élèves et comment faire preuve d'inclusion envers eux? Donne-t-on assez de place à leurs croyances? En tant qu'enseignante suppléante, j'ai dû faire le suivi de projets où les élèves devaient, par exemple, créer des affiches en appui aux élèves et aux familles LGBTQ. Je me demande souvent si ces travaux tiennent compte des croyances religieuses des enfants et des enseignants qui doivent les faire. Les parents et tuteurs de ces élèves leur donnent-ils la permission de réaliser de tels travaux? Aussi, les enseignants ont-ils tous le choix quand vient le moment de proposer de telles activités? Comment les enseignants peuvent-ils aller à l'en- contre de leur conscience et donner un travail qui contredit leurs convictions fondamentales? Je suis d'accord avec la phrase de l'ar ticle : «(…) les pédagogues doivent faire preuve d'empathie, de confiance, de respect et d'intégrité en milieu de travail». Mais com- ment pouvons-nous faire preuve d'intégrité si l'on doit aller à l'encontre de nos convictions? Nancy George, EAO, enseignante suppléante de mathématiques aux cycles moyen-intermédiaire, York Region District School Board

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