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PPP_Mars_2020

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Godwin Ifedi Président du comité de rédaction 30 31 Pour parler profession Juin 2019 Juin 2019 Pour parler profession I l y a deux ans, Ian et Stephanie Clark ont remarqué que leur enfant cadet, AJ (prénom fi ctif), élève de 2 e •année alors âgé de sept•ans, avait des problèmes de comportement. «Une explication plausible•a fait l'affaire pour la plus grande partie de l'année•: AJ se con- duisait comme un enfant et testait ses limites, raconte M me •Clark. Puis, avant la fi n de l' année scolaire, il•a dit qu'il voulait porter des vêtements de fi lle, mais qu'il craignait que cette forme d'affi rmation de soi ne soit pas acceptée.» Cette conscience de soi a étonné ses parents qui parlent de leur enfant (biologique- ment de sexe masculin) en utilisant les pronoms pluriels «they, them et their», lesquels sont neutres en anglais. M me •Clark ajoute que, malheureusement, les préoccupations d'AJ et les siennes n'étaient pas inattendues. Malgré le fait qu'ils vivent dans une ville d'une grande diversité, «les personnes faisant partie de la communauté LGBTQ, les gais, lesbiennes, bisexuels, transsexuels, bispirituels et queers, font l'objet de préjugés et de discrimination.» Il existe des politiques et des mesures législatives pour protéger les élèves, notamment la Politique d'équité et d'éducation inclusive de l'Ontario, mais l'intolérance continue de s'immiscer dans les salles de classe d'un bout à l'autre de la province. En 2015, la Manitoba Teachers' Society a publié une étude intitulée Rapport fi nal du projet Chaque prof sur l'éducation inclusive des personnes LGBTQ dans les écoles de la maternelle à la douzième année au Canada. Le rapport révèle de terribles statistiques•: 49•%•des pédagogues disent entendre tous les jours ou toutes les semaines des remarques homo- phobes (p.•ex., «c'est tellement gai»); 55•%•connaissent des enfants LGBTQ victimes de harcèlement qui s'automu- tilent; et bien que 97•%•soutiennent que leur école est sécuritaire, les chiffres relatifs au taux de bien-être des élèves LGBTQ ont de quoi faire peur. Égale Canada (organisme torontois qui fait la promotion de l'inclusion et oriente la politique publique) a découvert que 44•%•des élèves transgenres sont susceptibles de manquer des cours parce qu'ils craignent pour leur•sécurité. Sur une note plus positive, les recherches montrent que la grande majorité des enseignantes et ensei- gnants sont au courant de l'éducation inclusive pour les LGBTQ et qu'ils l'appuient. Dans le cadre de notre dernier sondage, les lecteurs de Pour parler profession nous ont demandé de publier plus fréquemment des reportages sur le sujet. David Parmer, EAO, enseignant de sciences au secondaire, à Toronto, au Dr.•Norman Bethune Collegiate Institute, affi rme qu'il a consciemment fait l'effort de penser à ces élèves tout au long de ses 25•années de carrière. «Je sais que les statistiques indiquent un taux de suicide très élevé chez les jeunes des communautés LGBTQ. Pour moi, l'essentiel est de créer un espace sécuritaire et accueillant. J'essaie de faire en sorte que mes élèves se sentent représentés dans notre salle de•classe.» Si vous ne savez pas comment vous y prendre pour créer un milieu plus inclusif ou que vous n'avez pas de formation en la matière, vous n'êtes pas les seuls. Nombre d'enseignants souhaitent prendre plus d'assurance et accroître leurs connaissances afi n de mieux communiquer avec les élèves LGBTQ et de mieux leur enseigner. Nous avons parlé aux pédagogues qui réussissent à intégrer le prgramme- cadre et à prioriser la visibilité de tous les élèves dans leurs classes. 1. PRATIQUEZ L'AUTORÉFLEXION Cette première étape n'est pas la plus évidente, mais Joe Jamieson, EAO, registraire adjoint de l'Ordre, souligne que les pédagogues doivent faire preuve d'empathie, de confi ance, de respect et d'intégrité en milieu de travail. C'est pourquoi il est important de faire un examen de conscience. «Demandez-vous si vous avez des idées préconçues ou un comportement préjudiciable envers les personnes LGBTQ, propose M.•Jamieson. Si vous avez une perception négative, c'est une attitude contre laquelle il faut travailler. Sinon, vous aurez de la diffi culté à interagir avec tout le soin et le respect que ces élèves méritent.» 2. APPROFONDISSEZ VOS CONNAISSANCES «Se sentir intimidé par le manque de connaissances ou de formation est chose commune. Cependant, nous avons découvert que la meilleure façon de vaincre nos appréhensions est de multiplier les occasions d'apprendre et de renforcer sa confi ance, affi rme Tess•Della-Pieta, EAO, enseignante à l'école secondaire catholique Pierre- Savard, à Ottawa. Figurant parmi les nombreux défenseurs des élèves LGBTQ à son école, M me •Della-Pieta déclare que, grâce au soutien de l'administra- tion scolaire, les membres du personnel peuvent non seulement assister à des séminaires, mais aussi créer leurs propres forums pédagogiques. «Il y a quelques années, nous avons organisé la première "Rencontre interscolaire". C'est une conférence annuelle d'une journée qui permet de discuter, dans le cadre d'ateliers et de tables rondes, des enjeux actuels, des outils, des étapes à PHOTO : DSG PHOTOGRAPHY COURRIER DES LECTEURS 10 10 Pour parler profession Mars 2020 Qu'en pensez-vous? En vue de fournir une tribune libre et d'appuyer l'expression d'un large éventail de points de vue, Pour parler profession vous invite à écrire des lettres à revue@oeeo.ca en réponse aux articles que vous avez lus. Une lettre doit comporter le numéro de téléphone et de membre de son auteur. Les opinions exprimées dans les lettres que nous publions sont celles de leurs auteurs et ne doivent pas être interprétées comme étant celles de l'Ordre. Nous nous réservons le droit d'abréger les lettres en raison de contraintes d'espace et par souci de clarté. D ans notre numéro de décembre, nous avons publié une lettre qui a blessé et bouleversé un grand nombre de nos membres. Nous regrettons sincèrement la détresse que cette lettre a causée. La lettre en question portait sur l'article «Enseigner aux élèves LGBTQ» du numéro de juin 2019, à l'appui de notre mandat de protéger les élèves et de promouvoir l'application des normes de déontologie de la profession. L'article (voir ci-dessous) proposait aux enseignants des stratégies visant à favoriser la création d'un milieu inclusif et la priorisation de la visibilité de tous les élèves. La lettre publiée reflétait l'opinion d'un membre et non pas celle de l'Ordre ni de son comité de rédaction, mais elle soulevait une question : Que faire en cas de conflit entre ses convic- tions et ses obligations professionnelles et juridiques? Après avoir longuement délibéré, le comité de rédaction a décidé de publier la lettre parce que la rubrique «Courrier des lecteurs» se veut une tribune où nos membres peuvent exprimer leurs points de vue en réaction aux articles publiés dans la revue. Nous avons reçu des douzaines de lettres et plus d'un millier de billets sur les médias sociaux. Nous sommes à l'écoute de nos membres : bien que la politique d'examen du comité de rédaction soit judicieuse, un exercice de réflexion s'avère salutaire et peut donner lieu à des améliorations. Ainsi, le comité introduira une étape supplé- mentaire au moment d'examiner des textes qui pourraient s'avérer délicats. Outre le consensus, il cherchera à obtenir, au besoin, un avis au-delà du comité de rédaction. Pour revenir sur la question soulevée dans la lettre en cause, le comité de rédaction a décidé de consacrer un article sur les solutions qui s'offrent aux pédagogues pour concilier leurs croyances personnelles avec certains éléments du programme-cadre, un style d'enseignement ou la philosophie de leur employeur. Sincères salutations, Nous sommes à l'écoute

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