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PPP_Juin_2018

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37 Juin 2018 | Pour parler profession En 2015, après avoir enseigné pendant 12 ans aux Philippines, son pays natal, Richard Llanera, EAO, est venu vivre à Toronto pour commencer une nouvelle vie. Sa femme l'ayant précédé, il avait hâte d'obtenir son autorisation d'enseigner dans la province. Deux ans plus tard, son certificat en poche, il n'a pas réussi à décrocher un poste en enseignement. Il a donc (beaucoup) élargi ses recherches et a obtenu un contrat d'un an pour enseigner la 7 e et la 8 e année à la Native Sena School, à North Caribou Lake, une communauté ontarienne située à 320 kilomètres au nord de Sioux Lookout. M. Llanera devait entre autre par- ticiper à l'éducation de l'enfance en difficulté, domaine dans lequel il n'avait aucune formation. Il a donc suivi des cours en ligne pour se familiariser avec les divers besoins comportementaux et concevoir un plan d'enseignement individualisé. Dans sa nouvelle terre d'adoption, M. Llanera était ouvert à toutes sortes d'ex- périences, de la viande d'orignal à la pêche blanche. Il jugeait important d'en apprendre sur la culture et de l'intégrer à son enseigne- ment. Par exemple, le processus d'utilisation d'une foreuse mécanique pour faire un trou dans la glace peut servir de leçon de science très utile. «Il faut être créatif», dit-il. Pour enseigner dans une communauté éloignée, il faut s'adapter, de dire M. Llanera. Il a dû s'habituer à enseigner à une classe combinée, être loin de sa famille et vivre dans une communauté bien différente de Toronto ou de Manille. M. Llanera estime qu'il a renforcé ses compétences professionnelles au Canada, de même que sa capacité à s'adapter. Tout enseignant doit savoir prendre les choses comme elles viennent, dit-il. «Chaque salle de classe vous amène différents élèves. Il faut les comprendre et s'adapter à eux.» Quel est l'aspect le plus enrichissant ou l'avantage de travailler dans des endroits éloignés? Quatre autres enseignants se penchent sur la question. Se rapprocher : «Vous enseignez différemment en fonction de la taille de la classe. La plupart comptent moins de 10 élèves. Donner un cours magistral n'est pas la bonne stratégie. Vous connaissez chaque élève et ses besoins. Vous devenez plus compréhensif et ça vous pousse à avoir de véritables conversations sur l'apprentissage.» — Joseph Whelan, EAO, directeur de la Jimmy Sandy Memorial School à Kawawachikamach, au Québec, située à 15 kilomètres au nord-est de Schefferville. Brasser la cage : «Une des raisons pour lesquelles j'ai participé à un échange était de sortir de ma zone de confort. On m'a placé dans des cours où je n'avais aucune expérience, ce qui m'a stressé en tant qu'enseignant. [Toutefois,] ça a renforcé ma résilience et mes convictions sur le but de l'éducation.» — Brent Rouleau, EAO, enseigne au Glebe Collegiate Institute à Ottawa et a enseigné en Australie pendant un an. Découvrir la région : «Une des plus importantes leçons est d'établir un lien entre l'apprentissage des élèves et leur environnement. Les élèves donnent un sens à leur monde grâce à ces activités. Des fractions à la grammaire en passant par les aptitudes sociales, tout cela s'apprend là où on habite.» — Alisha Hill, EAO, est directrice à la Waninitawingaang Memorial School à Kejick Bay, située à 60 km au nord-est de Sioux Lookout, et a aussi enseigné au Japon. Inspirer confiance : «La plupart des régions éloignées sont de petites communautés. J'en ai rapidement beaucoup appris sur mes élèves et leur famille. En cuisinant avec eux ou en allant à des funérailles, j'ai gagné leur confiance et obtenu leur coopération en classe.» — Melissa Black, EAO, enseignante- ressource principale en éducation de l'enfance en difficulté à la Keewaytinook Internet High School, située à Balmertown, à 550 km au nord-ouest de Thunder Bay. Régions éloignées ACCEPTER LE CHANGEMENT Richard llanera, nord de l'ont.

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